PaillotesDès la fin de 1947 et début de 1948, les premières cellules furent construites. La chapelle provisoire fut construite au début de 1948 sur de vieilles fondations retrouvées là. Au printemps de 1948, le monastère comprenait un oratoire, une rangée de cellules, une cuisine et un abri pour les récréations et les conférences. Des poteaux de bambou constituaient l'armature des cellules que vous voyez ci-contre ; des lattes fendues de bambou et de la paille de cocotier comblaient les vides entre les poteaux de bambou, et l'ensemble était couvert en paille de cannes à sucre. Cette installation dura jusqu'au transfert du monastère de Saint-Pierre à Terreville.

En effet, le lieu s'avéra trop chaud pour les moines, même les Antillais. Bien des sujets n'auraient pu supporter une telle température. D'autre part, les récréations d'une grande école voisine, des clameurs du stade de foot-ball gênaient le recueillement et le silence qui sont de mise dans un monastère.

On chercha un autre site plus frais. Celui-ci nous fut offert dans la commune de Schoelcher, au village de Terreville, à un peu plus de 300 mètres d'altitude. Cet endroit verdoyant présentait vers le Sud un beau panorama sur la baie de Fort-de-France, l'étendue bleue de la mer des Caraïbes et, au Nord, sur les Pitons du Carbet. En fin janvier 1962, les travaux de terrassement commencèrent à Terreville. La même année, un des tout premiers fils du Père Crenier, Dom Patrick Webster, originaire de Sainte-Lucie, devenait prieur du monastère. Il devait le gouverner jusqu'en 1969, année de sa nomination à l'évêché de l'île de la Grenade. Le 5 mai 1963, Monseigneur de la Brunelière bénissait la première pierre du futur monastère, Notre-Dame du Mont-des-Oliviers, et célébrait ensuite la messe. Monsieur le préfet était présent, ainsi que les hautes notabilités de l'île. Le 31 juillet 1965, jour anniversaire de la naissance de Dom Crenier, la communauté s'installa à Terreville, sous le priorat de Dom Patrick Webster. L'église du Prieuré, terminée en 1968, fut consacrée en 1972, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de la fondation.

Ainsi donc, la vie monastique a germé en Martinique comme elle l'a fait depuis des siècles un peu partout dans le monde. De tout temps, l'Esprit-Saint a inspiré à des hommes le besoin de rencontrer Dieu dans la solitude et de lui consacrer entièrement leur vie. C'est là une donnée de l'expérience humaine, un phénomène qui se vérifie en dehors et au coeur de l'Eglise.