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Les moines

Le Père Prieur (du latin Prior voulant dire premier) gouverne la communauté des moines avec l'aide du Père Sous-Prieur. Il est responsable sur le plan spirituel et matériel de toute la marche du monastère, c'est-à-dire aussi bien de l'avancement spirituel des moines de la communauté que du Bien commun du monastère.


Il a été choisi parmi les frères de la communauté, c'est pourquoi tout en étant leur Père spirituel, il est aussi leur frère. Notre communauté se compose actuellement de 15 moines. La vie en communauté offre à chacun de ses membres les aides spirituelles et matérielles pour atteindre plus facilement le but de la vie monastique : l'union au Christ qui est le terme du bonheur.


Depuis toujours peut-être, les hommes ont deviné que c'est dans la solitude et le silence que l'on trouve la paix du coeur. Et ils ont bien vite appris que l'on y trouve beaucoup mieux encore : le Maître des coeurs et le Seigneur de la paix, Dieu lui-même. Cette attirance vers des trésors que l'homme cherche plus que tout, a fait naître la vie monastique, les monastères. La plupart des religions en ont. Bien entendu, l'Evangile devait avoir et doit encore aujourd'hui avoir pour fruit le plus naturel d'attirer certains hommes vers une recherche totale et absolue de Dieu. A vrai dire, c'est à tout homme que Dieu offre son amour et sa joie, et devant une telle offre, tous devraient répondre avec enthousiasme par le don d'eux-mêmes. Il y a plusieurs manières de faire ce don, plusieurs vocations ; qu'est-ce au juste que la vocation d'un moine ? Qu'est-ce qu'un monastère ?

Que sont les moines ?

Moines, monastère : ces mots font souvent penser à des bâtiments un peu mystérieux, entourés de murs, à l'abri desquels il se passe quelque chose de sérieux, de religieux, tout près de Dieu, mais qu'on ne comprend pas très bien.
Dieu est là ! On le sent confusément, et on vient, en grand nombre parfois. On vient près de Dieu, et cela est bien ; on espère aussi que les moines, qui vivent près de Lui, sont capables de donner à leurs frères les hommes un peu de paix, un peu de joie, un peu de bonheur. Ils vivent au service du Maître de la vie et de la mort : ils doivent bien savoir, mieux que les autres, comment apaiser les angoisses, comment dénouer les problèmes, comment rendre confiance en la vie quand celle-ci est dure.
On vient, plein d'espoir. Et Dieu seul, qui sait ce qu'il y a dans le coeur de l'homme, pourrait dire dans chaque cas si cet espoir a été comblé ou déçu.
Ce qui est vrai, c'est que Dieu se donne à qui le cherche d'un coeur pur ; mais, justement, tout est là : c'est avec un coeur pur c'est-à-dire débarrassé de tout amour illégitime qu'il faut le chercher, lui, Dieu, pour qu'il illumine notre coeur et transforme nos vies comme il le veut : et il veut toujours notre bien, notre bonheur vrai. C'est seulement l'homme au coeur pur qui est béni de Dieu. Toutes les bénédictions du monde ne servent à rien si on ne donne pas son coeur à Dieu.
On peut trouver Dieu à l'occasion d'une visite au monastère ; on peut le trouver dans d'innombrables autres lieux et circonstances. C'est cela qui compte plus que tout dans une vie : rencontrer son Créateur, son Sauveur, son Père, le plus fidèle et le plus tendre des Amis, celui par qui et pour qui nous sommes faits et en dehors de qui il n'y a pas de bonheur.
Les moines comme tous les autres hommes, cherchent le bonheur : un jour Dieu leur a fait comprendre que le bonheur, c'est d'être tout près de Lui, à son service, avec d'autres frères, dans une vie où tout devient prière. C'est ainsi que vivent les moines. Tous les hommes ne sont pas appelés à cette vie car, pour les enfants de Dieu, les vocations, les missions, les genres de vie sont nombreux et variés ; mais, toujours, pour qu'une vie soit remplie de bonheur (et n'oublions pas que l'homme est créé pour le bonheur), il faut qu'elle soit remplie de Dieu. En effet, tant de gens cherchent ce bonheur là où il n'est pas. L'Ecriture nous en avertit : aucun des faux dieux : intérêt, argent, puissance, gloire, que se fabriquent les hommes ne peut satisfaire ses aspirations, pas même lorsque l'homme se divinise lui-même, surtout pas alors !

Que font les moines?

Un monastère est une école du service du Seigneur. Dans cette école, les moines apprennent à servir Dieu, c'est-à-dire à vivre chaque jour un peu mieux comme le demande l'Evangile : ceci est en réalité le programme de tout baptisé, de tout chrétien.
Et, de fait, les moines n'ont pas d'autre BUT que celui de tous les chrétiens. Simplement, ils sont appelés par Dieu à prendre des MOYENS différents.
Quels sont donc ces moyens ? : une vie de communauté, une règle qui organise toutes choses pour que, dans le travail, le silence et surtout la prière, le monde, aidé de ses frères, rencontre Dieu.
Les moines vivent parfois seuls : ce sont alors des ermites ; mais ordinairement ils se réunissent en communauté, et celle-ci devient une vraie famille. La vie de cette famille est organisée par une Règle ; et cette Règle donne une belle définition du moine en disant qu'il est
UN HOMME QUI CHERCHE VRAIMENT DIEU.
Elle dit encore au moine qu'il doit se rappeler chaque jour que c'est pour cela qu'il est venu au monastère. Il est venu pour Dieu, parce qu'il a compris que Dieu est si beau, si bon, si digne de notre amour, que, désormais, il ne peut plus faire autre chose que se donner tout entier à lui. Et il sait qu'en se donnant tout entier à lui il n'abandonne pas ses frères les hommes car celui qui se donne à Dieu profite à la famille humaine tout entière.
Cet idéal, on le voit, est grand et noble, et depuis bien des siècles il a enthousiasmé le coeur des hommes, de tout âge, de toute condition et de tout pays. Mais la Règle ajoute, avec sagesse, que c'est un idéal exigeant et que, pour le réaliser, il faut avant tout s'appuyer sur l'aide de Dieu. C'est bien ce que le Christ Jésus disait dans l'Evangile : « Sans moi vous ne pouvez rien faire ». Mais, ajoute saint Paul, avec l'aide de celui qui est ma force, je peux tout ! Le moine vient donc chercher Dieu au monastère, il vient se donner tout entier, et il sait que c'est dans ce don généreux et fécond qu'il trouvera la vraie joie.



L'icône représente la Vierge Marie:

  1. à droite, deux scènes de l'Ancien Testament ;
  2. à gauche, deux scènes du Nouveau Testament.

En haut à gauche, la représentation de l'Agneau immolé mais toujours vivant, fait face à droite au sacrifice d'Abraham. Isaac est l'encêtre du Christ et en même temps la figure de la réalité à venir, réalisé dans le mystère de Pâques dans la mort et la résurrection du Christ, qui dès lors donne vie à toute l'humanité.
En bas à gauche, l'agonie au jardin des Oliviers où nous voyons Jésus en prière, puis Jésus allant voir les Apôtres endormis, fait face au combat de Jacob avec l'ange du Seigneur, juste avant de rentrer en terre de Canaan, terre promise. Le rapprochement est là aussi heureux quand on sait que Jacob est l'ancêtre du Christ et qu'"Agonie" veut dire combat.